Les jeudis de l'AMOPA
Un jeudi par mois, nous proposons la découverte d'un site haut-saônois dans différents domaines : artistique, économique, patrimonial, touristique, culturel...
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Comptes rendus :
Le MUSEE BARON MARTIN à GRAY
On peut faire confiance les yeux fermés au Musée Baron Martin concernant la mise en place d’expositions d’exception. Mais il faut bien les ouvrir pour se confronter aux créations de Bernard LORJOU exposées en ce début de printemps.
Originaire de Blois, l’artiste a un parcours atypique qui commence par l’absence d’études et de formation académique. Il a une passion pour le dessin dont il donne libre cours dans son engagement pour le secteur de la soie
Depuis plusieurs années, le musée travaille à la réalisation de cette exposition et le résultat est à la hauteur de l’investissement.
Lorjou a toujours voulu, dans son œuvre, défendre les libertés, la dignité humaine et combattre le mal dans la société. On est captivé par les témoignages qu’il livre sur la seconde guerre mondiale, les camps de concentration, les prisonniers ou les armes biologiques.
Ses peintures animalières sur Don Quichotte, Arlequin, l’enfance, la tauromachie ou encore des évènements marquants de la fin du 20ème siècle se jouent sur des formats souvent atypiques avec des techniques agressives.
Photos : Yves REYNAUD
La visite guidée dont ont bénéficié la quinzaine d’Amopaliens qui avaient répondu à l’invitation des ‘’Jeudis de l’Amopa’’ a comblé la méconnaissance de cet artiste, membre éminent de la jeune peinture française des années 50.
Chacun a pu ensuite partir à la découverte des différentes collections permanentes de ce musée qui mérite vraiment le détour par Gray.
Catherine DAUTRICHE
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VENEZ TOUCHER DU BOIS
Un peu d’histoire
En 1859, Simon LEBRUN, négociant, achète et transforme un vieux moulin sur la Semouse en fabrique de chaises. Dans le même temps, Hippolyte Bardoz en fait de même avec le moulin de Magnoncourt.
Rapidement Saint-Loup connaît la prospérité accélérée par l’arrivée de l’électricité qui permet à une nouvelle industrie de la chaise et des meubles de se développer. Cette activité va amener dans la cité des centaines d’ouvriers sculpteurs, tourneurs et ébénistes de toute la France.
En 1896, la cité compte un millier de ménages et 400 ouvriers dans cette industrie. Les femmes, elles sont employées au cannage des chaises ou font de la broderie.
A partir de 1870, la mode du mobilier d’art, massif et coûteux, se tourne vers des meubles plus légers et moins onéreux.
En 1903, les deux usines fusionnent pour donner naissance aux Usines Réunies (UR). Quelques décennies plus tard, Jacques Parisot innove avec les meubles en kit conçus à partir de panneaux de particules. Son usine nécessite une importante main d’œuvre issue de l’immigration (portugaise et marocaine) et la ville compte alors près de 5000 âmes.
Photos : Christian DAUTRICHE
En 2012, les Usines Réunies ferment leurs portes après plus d’un siècle d’existence. Afin de conserver ce riche passé de l’artisanat lupéen, la municipalité acquiert le site avec son stock de 2000 sièges.
Ainsi est né le Conservatoire de la Cité du Meuble.
C’est cet ensemble que 18 Amopaliens sont venus découvrir le 27 février 2025.
Catherine DAUTRICHE
1er JEUDI DE L'AMOPA Saison4
Jeudi 23 janvier 2025
Visite de l’atelier Faro à Rioz
12 adhérents avaient rendez-vous ce jeudi 23 janvier pour une visite chez le fabriquant de lunettes Faro à Rioz à l’hôtel d’entreprises sis au 04 rue Isaac Newton.
C’est Fabrice Mesnier, un des deux créateurs de l’entreprise, qui nous fait visiter l’atelier et nous explique les différents moments de la fabrication de leur propre collection de lunettes.
Je ne savais pas qu’il existait si près de nous un tel atelier.
Fabrice nous montre les plaques de l’acétate de cellulose de 6 mm d’épaisseur pour la face des lunettes et celles de 4 mm pour les branches. Ces plaques peuvent être colorées, collées entre elles (voire avec du tissu) donnent des matériaux plastiques qu’on peut mettre en chauffe, puis découper, souder, limer, adoucir, polir et enfin assembler avec les branches.
La machine de découpe qui fonctionne lorsqu’on pénètre dans l’atelier est régie par un dessin à l’ordinateur, inventé par nos concepteurs.
Les faces et branches découpées enlevées de la plaque tournent dans des tambours pendant trois jours afin de les polir. Le procédé utilise de petits morceaux de bois avec de la pâte à polir.
Le drageoir sera fait par une petite machine-outil qui dessine la rainure dans laquelle le verre s’insère.
Le travail d’assemblage face et branche, avec des rivets se fait à la main.
Des travaux de polissage comme celui du nivellement branches et face, sont exécutés obligatoirement à la main d’abord avec des limes moyennes puis de plus en plus fines. Enfin un polissage fin termine la fabrication.
Une gravure du prénom du propriétaire sur une des branches, ainsi que le nom du modèle permet de personnaliser les lunettes.
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Les lunettes sont asymétriques, ont des formes qui parfois ne sont pas identiques sur la face, c’est nouveau, c’est drôle. Les couleurs sont flashy, les plastiques colorés offrent une gamme infinie de combinaisons entre face et branches.
Fabrice nous montre ses lunettes présentées aux opticiens, les commerciaux les emporte dans une grande malle avec des tiroirs. Ces fabrications demandent un temps assez considérable d’où le coût plus élevé qu’une paire de lunette lambda. On les trouve chez Ecoutez voir en Haute Saône et à Marnay
Il montre un prototype : une face de lunettes incrustée de rouages de mécanisme de montres, magnifique, avec des branches qui rappellent le bracelet montre. Une telle paire de lunettes pourrait valoir 700 euros. Pour une cliente : dans la face il a incrusté le tissu des cravates de son père. Un essai avec incrustation de plantes…
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Photos Christian DAUTRICHE
Son rêve : pouvoir fabriquer ce genre de lunettes extraordinaires, et leur consacrer plus de temps.
La visite se termine par un moment convivial, autour d’un café, d’une tisane et de brioches.
Françoise Soriano
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Jeudi 22 août 2024 à 14h00 à BUCEY les GY
"Vignoble CHEVIET’’
Situé au cœur des Monts de Gy, sur les coteaux de Chierenard et Brûle-Cul, le domaine regroupe plus de 6 hectares de vignes. Les vins de Vincent sont produits dans le cadre d’une viticulture responsable et d’une production qui respecte le processus de vinification naturel du vin.
Lucie et Vincent nous ont fait découvrir leur domaine et leur production. Vins bénéficiant de l'appellation IGP Vin de Pays de Franche-Comté. Domaine certifié TERRA VITIS, Viticulteurs Responsables depuis 2020.
La visite du domaine comprenait la présentation des vignes sur place, l'infrastructure et les machines ainsi qu'un accès à la superbe Cave Voûtée. Le public, très attentif et captivé, a pu questionner les vignerons, que nous avons sentis passionnés,à toutes les étapes du processus.
La visite se termina par une dégustation des vins et jus de raisin avec une petite collation.














































Les photos ci-dessus sont d'un artiste encore méconnu, le jeune collégien Charlie DAUTRICHE
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9ème JEUDI DE L'AMOPA Saison3
à QUINCEY (à côté de Vesoul)
Jeudi 11 juillet 2024
"Vieux village’’
Nous vous attendons pour une découverte historique du village, animée par Zoé Skrzypczak, chargée de mission pour le bicentenaire de la naissance du peintre Jean-Léon Gérôme et Pierre Artaux, ambassadeur du tourisme, chargé des visites historiques de la commune de Quincey.
Photos ; Catherine DAUTRICHE
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JEUDI DE L'AMOPA Saison3
à DEMANGEVELLE : Jeudi 20 juin 2024 à 10h00
"Bois FACTORY’
Le Groupe Poujoulat a inauguré au printemps 2022 son troisième site de production automatisée de bois de chauffage prêt à l’emploi, à Demangevelle en Haute-Saône. Mise en service en octobre 2020, cette nouvelle usine affiche une capacité de production annuelle de 150 000 stères de bois de chauffage, de 20 000 m³ de bois d’allumage et de 10 000 tonnes de bûches densifiées. Elle devient ainsi le plus important site de production de biocombustibles du Groupe Poujoulat, le plus important site de production de bois bûches de France et peut-être même du Monde.














































8ème jeudi de l'AMOPA 70 saison3
VISITE DES TREFILERIES DE CONFLANDEY – Jeudi de l’AMOPA – 16 mai 2024
Ce 7ème jeudi de l’AMOPA nous a conduits, par une après-midi pluvieuse, à la découverte d’un des fleurons industriels du Département : les Tréfileries de Conflandey. Accueillis par le directeur, Eric Demesse, nous avons effectué une visite de près de quatre heures sur les deux sites de l’entreprise.
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Conflandey Industries, c’est d’abord une histoire. Installée à la confluence de la Saône et de la Lanterne, cette usine plus que centenaire fut d’abord une forge jusqu’au milieu du 19ème siècle puis une papeterie avant de devenir une tréfilerie en 1901. Longtemps, elle demeura une entreprise familiale avant d’être rachetée en 2006 par le groupe allemand Saarstahl.
Son activité consiste à étirer le fil d’acier jusqu’à quelques dixièmes de millimètres au travers un long process fait d’une chaîne d’opérations au cours desquelles le fil est décapé, étiré, chauffé, traité en surface sur des lignes de plus de 200 m de long. Puis les fils sont de nouveau dévidés sur des machines à tréfiler de toutes sortes pour atteindre les caractéristiques souhaitées par les clients et donner un produit haut de gamme avec une forte valeur ajoutée. Chaque jour, c’est l’équivalent d’un tour de la terre soit 40 000 kms de fil qui sont tréfilés.
Nous avons tous chez nous un peu de fil de Conflandey : de l’agrafe au trombone en passant par le fil de métal enrobé de plastique qui ferme le paquet de pâtes ou le ressort de notre stylo à bille. Les fils de protection de la fibre optique des câbles sous-marins de télécommunications et les armatures des pneus Michelin proviennent également du l’usine haut-saônoise dont les ateliers de tréfilage sont connus dans plus de 60 pays.
Site de Port-d'Atelier














































Photos : Yves REYNAUD
Conflandey Industries est une entreprise qui s’inscrit dans le tissu industriel local. Au-delà des machines, ce sont des femmes et des hommes (300 salariés) avec une technicité acquise par l’expérience et qui ont un attachement pour l’entreprise. Celle-ci se veut également respectueuse de l’environnement ; tout est mis en œuvre pour diminuer voire supprimer les résidus industriels et les pollutions.
Cette visite nous a permis de mieux connaître le monde industriel dans un secteur de la métallurgie, d’appréhender les difficultés de la gestion d’une entreprise soumise aux aléas structurels et conjoncturels avec une nécessité constante d’adaptation. Désormais, nous ne regarderons plus de la même façon ces petits bouts de fil de fer, ces petits riens qui font partie de notre quotidien. Nous saurons qu’ils sont issus d’un savoir-faire local, d’une technologie de pointe, et ce nouveau regard sur notre environnement correspond bien aux objectifs des Jeudis de l’Amopa.
Un grand merci à Eric Demesse pour sa disponibilité, la qualité de ses explications (son papa était instituteur !), l’enthousiasme de ses propos et la formidable précision de ses données chiffrées sur l’entreprise. Merci également à Marie Line Aubry (cheffe de production de port d’Atelier), Jean Baptiste Favret (Cher d’atelier Tréfilage Humide) et Stéphane Richard (Chef d’atelier Machines à cuivrer / Recuit). pour leur accueil sympathique et la clarté de leur exposé.
Laurent Garret
Site d'Amoncourt/Conflandey














































Photos : Yves REYNAUD
Présentation de l'entreprise par M. Eric DEMESSE, Directeur Général :
120 ans de CONFLANDEY INDUSTRIES / Eric DEMESSE le 10/01/2022
L’implantation industrielle du site de Conflandey remonte au 12ième siècle avec l’avènement de la métallurgie, alimentée par la richesse locale en produits minéraux, en charbon de bois pour alimenter les hauts fourneaux et en eau pour laver le minerai de fer, puis plus tard pour fournir l’énergie motrice.
Le haut fourneau est définitivement arrêté en 1858 suite à la chute de l’industrie métallurgique en Haute Saône et une papeterie succèdera aux forges jusqu’en 1892.
La tréfilerie des « forges de Conflandey » a été créée le 1ier avril 1901 par Messieurs Ernest-Anschaire-Alexandre Baillet, Maître de forges et Monsieur Ernest-Arnaud-Octave Voisin, Maitre de forges et Ingénieur des Arts et Manufactures.
L’énergie utilisée au début est la force motrice de la Lanterne avant de céder la place à la machine à vapeur, puis à l’électricité en 1919.
Les tréfileries n’ont cessé de produire du fil en résistant aux conflits sociaux, aux guerres, aux inondations, … et in extremis à la concurrence de la mondialisation … et ont su se moderniser pour faire face à l’évolution des besoins des industries.
L’entreprise, forte de ses deux sites de Amoncourt et de Port d’Atelier, et de sa structure commerciale basée en région parisienne, est depuis 2006 la propriété du Groupe sidérurgique allemand Saarstahl. La maison mère est également fournisseur exclusif du fil machine brut livré par trains entiers sur le site de Port d’Atelier, soit l’équivalent de 2500 camions par an.
Conflandey expédie aujourd’hui près de 60 000 tonnes par an à plus de 350 clients dans plus de 50 pays du monde, dont la Chine, les USA, le Mexique, le Brésil ou le Canada …
Sa production de 1500 références de fils allant de 3 mm à 0.38 de diamètre à partir d’une trentaine de nuances, plus ou moins dures, revêtues anticorrosion ou non, représente l’équivalent en kilomètres d’une distance terre-lune tous les 8 jours
On ne compte plus les diverses applications industrielles de ce fil dans les équipements qui nous entourent au quotidien, tantôt fils d’armatures de pneus ou de tuyauteries, rayons de vélos, agrafes de bureau ou de cagettes, boites de fromage, attaches trombones, reliure de journaux, fils pour liens dans l’agroalimentaire, cerclage, matelas et sommiers, ressorts, brosses, muselets de champagne ou de bocaux … ou plus récemment des armatures de câbles sous-marins pour les réseaux de fibres optiques autour des 5 continents.
L’année 2020 a vu avec la crise sanitaire une baisse globale des productions que le développement des volumes de fils de masques chirurgicaux a pu « hélas » en partie compenser pour sauver une année bien mal engagée … et 2021 a marqué la 120ième année d’existence et de savoir-faire des Tréfileries avec une production repartie à la hausse.
CONFLANDEY Industries est très attachée à l’équilibre social et au bien-être de ses salariés, qui pour certains y travaillent depuis plusieurs générations, néanmoins, les difficultés du passé n’ont pas permis de renouveler en temps voulu les effectifs et l’entreprise est actuellement confrontée au vieillissement de sa population avec plus de 60 départs dans les 3 prochaines années.
Elle offre actuellement à des gens sans qualification, mais avec de la bonne volonté, des opportunités de carrière dans les métiers de la tréfilerie … spécialité qui n’est pas enseignée dans notre système éducatif, et qui nécessite de 6 mois à 1 an de formation … et avec le tutorat des futurs retraités qui sont fiers de transmettre leur savoir acquis pendant 30 à 40 ans pour certains.
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7ème jeudi de l'AMOPA 70 saison3
L'exploitation agricole de Vesoul AgroCampus à Port sur Saône
Un exploitation grandeur nature dédiée à la formation et à l'expérimentation
Notre visite commence par le pôle APICULTURE, pôle de formation unique en France.
Thiery Avaros et Candy Cadet enseignent l'apiculture à une centaine d'élèves, amateurs ou professionnels en initiation ou perfectionnement. Les principaux centres d'intérêts sont :
- Pratique de l'élevage des reines et production d'essaims.
- Insémination des reines
- Sélection d'abeilles douces et résistantes aux maladies.
- Production d'un miel de qualité et avoir des abeilles en bonne santé.
La ferme possède 400 ruches dont 250 à 300 sont en production.
Les abeilles sont utiles à plus d'un titre.
Elles produisent du miel, mais elles assurent aussi la pollinisation des fleurs et donc la production des fruits. En butinant le nectar des fleurs dont elles font provision, elles se couvrent de pollen qu'elles déposent en partie sur les stigmates des fleurs qui seront fécondées. Ces butineuses apportent leurs récoltes (nectar et pollen) aux magasinières.
Visite de la miellerie. Les hausses sont stockées dans une salle de déshumidification. Chaque hausse est numérotée, ce qui permet, connaissant sa localisation de récolte de savoir si l'endroit est intéressant. Un convoyeur les achemine vers la machine à désoperculer, puis vers la centrifugeuse qui vide de leur miel en une fois 80 cadres. Le miel est ensuite décanté, les impuretés restent en surface. Puis il est mis en fût où il va maturer une à quatre semaines. Enfin c'est la mise en pot pour la commercialisation.
PÔLE ÉLEVAGE
Cinquante-huit vaches montbéliardes disposent de 145 ha de pâture délimités par des haies pour assurer le bienêtre de l'animal. Le lait est transformé en gruyère IGP et en laitages destinés principalement à la restauration des élèves, petits déjeunés, flans, desserts...
Élevage de moutons :
De race Blonde du Massif Central, leur manipulation est facile et attractive pour les élèves :
Tonte, parage des ongles... Ils sont en pâture sur le plateau de Cita.
PÔLE CULTURE, label agriculture raisonnée
Agrocampus dispose de 95 ha de cultures en alternance sur 5 ans pour la production de colza, blé, orge, sorgo.
Les élèves y étudient la fertilité des sols, support de vie. Plusieurs méthodes sont utilisées :
Comptage des vers de terre, nature du sol compact ou poreux et laissant filtrer l'eau, friable … analyses en laboratoire.
Une méthode originale et très didactique pour tester la qualité d'un sol, consiste à enterrer des slips en coton, pendant 2 ans, à 10 cm de profondeur : un slip dégradé est un bon indice de l'activité biologique de ce sol et de l'absence de pesticides.
Á partir de ces études, l'agriculteur choisira son mode de labourage, grattage superficiel ou labourage profond.
Geneviève et Maurice COUSSEMENT. Photos : Agrocampus














































Photos : Yves REYNAUD
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6ème JEUDI DE L'AMOPA Saison3 cinquième épisode de la Saison3 à CHAMPLITTE
Jeudi 21 mars 2024 à 9h30 : "Rêves Mexicains’’
CHAMPLITTE et « EL SUEÑO MEXICANO » ( 1)
Comme beaucoup d’hommes et de femmes aujourd’hui tentent le « rêve américain ou européen », il y a près de deux cents ans, une douzaine de familles de Champlitte, poussée par la misère due à des années de mauvaises récoltes, a tenté l’aventure de l’émigration pour vivre « le rêve mexicain ».
24 avril 1833 : Séduits par le projet d’un fouriériste utopiste ( S.Cuenot) quelque trente chanitois partent au Mexique pour fonder une colonie. Après 4 mois d’un long et pénible voyage ils atteignent leur « Eldorado » : le hameau de JICALTEPEC sur les rives du río Nautla dans l’état du Vera Cruz ( Est du Mexique).
La réalité est loin du «paradis rêvé». Certes les terres sont riches, fertiles, mais tout est à faire : construire des maisons, défricher, planter, cultiver… dans des conditions climatiques difficiles, supportant tant bien que mal les maladies (fièvre jaune, choléra…), qui emportent plus d’un.
Rejoints par d’autres compatriotes ( ils seront bientôt 600) ces chanitois surmontent les épreuves, s’installent peu à peu dans leur nouvelle vie de planteurs de canne à sucre, maïs, café, tabac, piments…On est loin des champs ravagés par la grêle, les arbres par le gel, la vigne par la maladie. Bientôt certains traversent le río Nautla pour fonder en face de Jicaltepec le village de San Rafael en souvenir de leur bienfaiteur Rafael Martinez de la Torre qui leur a vendu à bas prix des terres qu’ils font prospérer.
1914 les hommes refusent de rentrer en France pour aller à la guerre. Ils perdent leur nationalité française et ainsi deviennent mexicains.
1956 : un mexicain répondant au nom de Paul CAPITAINE visite Champlitte à la recherche de ses ancêtres. Sa rencontre avec Jean Christophe Demard (fils des fondateurs du musée) est à l’origine des liens qui depuis unissent Champlitte et San Rafael. JC Demard ira plusieurs fois au Mexique pour retrouver les traces haut-saônoises laissées par les « aventuriers » chanitois du 19ème siècle et perpétuées par leurs descendants.
21 novembre 1986 : le jumelage entre les deux villes permet de multiplier les échanges notamment à travers une association « Haute-Saône - Mexique » et la présence de professeurs de français à la Casa de la cultura de San Rafael.
21 mars 2024 : sous la conduite de jeunes guides une vingtaine d’«amopaliens» découvre toute cette histoire lors d’une sortie au Musée de Champlitte. L’espace « Rêves mexicains » retrace l’aventure des chanitois au Mexique mais aussi permet de découvrir la richesse des civilisations et cultures amérindiennes, notamment totonaques grâce à divers objets, peintures, costumes, masques….
L’espace d’un matin cette visite les a transportés en terre mexicaine à plus de 9 000 kilomètres.
Un voyage à concrétiser car aller à San Rafel et Jicaltepec c’est retrouver une « part de la Haute-Saône » en étant accueilli chaleureusement.
¡ Buen viaje ! ¡ Hasta luego !
Patrick T
« Le rêve mexicain »














































Photos du jour : Patrick TOURNADRE
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"Le Centre Régional de Restauration et de Conservation des Oeuvres d’Art" à Vesoul
Il s'agit de la même visite que celle d'octobre 2023 pour un deuxième groupe, compte tenu du nombre limité de participants à chaque visite. Voir ci-dessous compte rendu d'octobre.
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4ème sortie de la Saison3, à ANJEUX
Jeudi 18 janvier 2023 : Le Monde des Sorcières
Pour découvrir « le monde des sorcières », nous étions 25 adhérents à avoir fait fi de la météo pour nous retrouver dès 8h45 devant la mairie d’Anjeux.
Sous une pluie fine et pénétrante, Martine Aubry-Voirin, notre guide, nous a accueillis pour présenter ce village emblématique des procès en sorcellerie engagés entre 1627 et 1632 par une Inquisition féroce.
Mme Aubry-Voirin qui est archéologue et céramologue, spécialiste passionnée d’histoire du patrimoine, nous a conduits à travers le village et a enrichi notre matinée autour de plusieurs sujets.
- La maison-prison d’Antoine GUILLAUME :
Devant la mairie et un des panneaux du circuit patrimonial et touristique aménagé par la commune, nous avons repéré la maison qui a servi de geôle, avant leur condamnation au bûcher, à ANNE, GUILLAUME et NICOLE, accusés de sorcellerie.
Nous avons observé la bâtisse, assez banale, mais dont la particularité est d’être flanquée d’une tour nommée « VIORDE», abritant un escalier en pierres.
Depuis cette maison nous nous sommes dirigés vers l’église sans toutefois être contraints de nous y rendre à genoux comme Anne, Guillaume et Nicole. Victimes du phénomène d’hystérie collective et de superstition touchant la population de l’époque, ils ont été fouettés, torturés jusqu’au dernier instant précédant leur exécution. Certains espéraient ainsi obtenir de nouvelles dénonciations. Entre 1627 et 1632, la justice franc-comtoise instruisit 170 procès pour sorcellerie autour de Luxeuil et en particulier à Anjeux. Un quart des habitants d’Anjeux fut accusé.
- L’église :
Ruisselants de pluie, nous sommes entrés dans l’église d’Anjeux, église gothique datant des 15ème et 16ème siècles, inscrite aux Monuments Historiques.
A l’extérieur, nous y avions remarqué :
- son clocher curieusement placé à droite de la façade
- l’effigie tricéphale surmontée d’une mitre épiscopale au-dessus du portail évoquant à la fois Saint Rémi et la Trinité.
A l’intérieur, nous avons admiré les vitraux. EN 1998 ils ont été dessinés par Pierre CHASSARD, peintre créateur, et réalisés par Christiane CARTIGNIES, maître verrier. La force et l’originalité de l’œuvre sont le fruit de cette étroite collaboration entre un peintre et un verrier. Ils se sont inspirés de l’histoire des habitants d’Anjeux liés à la sorcellerie et condamnés au bûcher, de sources bibliques et du bleu turquoise de la source du PLANEY. Rappelons ici que la légende raconte que la source du PLANEY, très proche d’Anjeux, était le lieu où sorciers et sorcières se rassemblaient pour le rituel du sabbat. Les actuels vitraux de style contemporain dans un lieu très chargé en histoire ont remplacé les verres translucides des baies de l’église.
Notre attention s’est également portée sur les trois lièvres sculptés sur la clef de voûte surplombant le chœur de l’église. Encore un symbole de la Trinité ou une représentation du passé, du présent et de l’avenir ? Les trois lièvres sont unis par les oreilles : « trois lièvres, trois oreilles et pourtant chacun en a bien deux ». En Haute-Saône, ce motif ornemental circulaire se retrouve uniquement à Luxeuil et à Corbenay.
D’autres éléments dignes d’intérêt, tels les fonts baptismaux, le bénitier, le retable et le chemin de croix sont admirablement décrits dans le livret intitulé « L’église d’Anjeux et de la Pisseure » qui nous a été offert à la mairie.
De l’église, nous sommes passés à la visite du village.














































- Le village (143 habitants):
La pluie tombant toujours dru, nous étions bien sensibilisés au caractère inondable d’Anjeux.
- Nous avons marché dans le village traversé par les ruisseaux du Chanois, du Durgeon et de nombreux petits cours d’eau bucoliques.
- Le village étant une cuvette, de nombreux ponts (17 ?) ont été construits. Certaines maisons seraient totalement inaccessibles sans ces ponts et un cours d’eau passant sous l’une d’elles nous a été désigné.
- Par le passé, avec la présence de tas de fumiers devant les maisons, le village pouvait vite devenir un cloaque en proie aux épidémies.
- Nous avons vu le pré où s’érigeaient les fameux bûchers, en plein centre du village.
La pluie ne cessant pas, nous nous sommes repliés dans la salle du conseil municipal.
Mme la 1ère adjointe a continué de nous éclairer sur l’histoire du village :
- Un précieux document/archive datant du 19ème siècle et représentant le plan du bassin hydraulique d’Anjeux a été déployé sur la table
- Des considérations sur la présence de nombreux vestiges gallo-romains près de la source du Planey ont été partagées ainsi que sur la redécouverte de vestiges de voies romaines se rattachant à l’axe Luxeuil-Langres.
A l’issue de ces échanges, la matinée s’est terminée.
Nous remercions vivement Mme AUBRY-VOIRIN qui nous a fait découvrir les richesses insoupçonnées d’un si petit village et de ses alentours. Merci également à Christine TAUZIN pour l’organisation de cette sortie. Grâce à toutes les informations qui nous ont été prodiguées nous sommes armés pour revenir découvrir l’histoire et les mystères d’Anjeux à la belle saison.
Vers 12H15, nous nous sommes rendus à Saint-Loup au restaurant « chez REMY » (clin d’œil à l’église d’Anjeux ?). Un délicieux repas nous attendait dans un cadre élégant, agrémenté d’une cheminée et de son feu de bois.
Martine et Dominique BODEZ.
Photos : Yves REYNAUD. Merci !














































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Jeudi 14.12 : repas-concert au Lycée de Luxeuil avec Pascal POULAIN
Voir le compte rendu dans notre rubrique activités/repas-concert.
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Jeudi 16 novembre 2023
Musée Garret Vesoul : le peintre Jean Léon GEROME














































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Première sortie de la Saison3 : Jeudi 19 octobre :
"Le Centre Régional de Restauration et de Conservation des Oeuvres d’Art" à Vesoul
Depuis longtemps, je désirais visiter le Centre Régional de Restauration et de Conservation des Œuvres d'Art situé à Vesoul sur la route de Saint-Loup que j'emprunte fréquemment. Lorsque j'ai reçu, comme tous les membres de l’AMOPA 70, l'invitation à découvrir ce lieu, je me suis inscrite avec rapidité et enthousiasme. J'ai eu le bonheur de faire partie des “DOUZE” admis à participer à cette première visite des « jeudis de l'AMOPA » (le 19 octobre 2023).
Dès le point de départ, l'accueil chaleureux du responsable, Olivier Steib, a suscité notre intérêt pour tous ces objets et tableaux, souvent religieux, d'un autre temps. Cette association en autofinancement a été fondée en 1985. Elle a pour mission de restaurer les œuvres d'art privées ou publiques à domicile ou en extérieur. Elle fait partie des 800 lieux de restauration en France sous la conduite de la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles de Bourgogne-Franche-Comté.
La mission des intervenants issus de l'École de Paris, du Louvre, d' Avignon, de la Sorbonne et de l'école Boulle ainsi que ceux formés sur place, est de préserver le patrimoine dans quatre domaines que sont la sculpture, la peinture, le textile et le mobilier.
La visite débute dans la salle de diagnostic pour déterminer quelle sera l'urgence ainsi que le style d'intervention. Les tableaux, sculptures, retables ou châsses viennent souvent des églises de Franche-Comté qui, à l'époque, n'étaient pas chauffées. Il est donc nécessaire d'utiliser des humidificateurs pour rétablir les conditions thermiques et hygrométriques de leur environnement.
Notre guide a beaucoup insisté sur le contrôle sanitaire, la chasse aux insectes xylophages ainsi que sur les propositions de traitement. La « clinique » des trésors contrôlés par le conservateur des monuments historiques est bien équipée : salle de radiographie, tente à anoxie (sans oxygène) pour détruire les larves des insectes à cœur de bois. Impressionnantes et passionnantes toutes ces explications données avec humour et une certaine distance pour ne pas dramatiser ces dégâts et malfaçons dûs au temps passé et parfois à l’ignorance de certaines techniques.
Nous sommes éblouis et admiratifs des compétences de la jeune artiste venue de Strasbourg qui repeint par petites touches des tableaux grand format comme le tableau de Sainte-Catherine et celui de l'école du peintre Gérôme. La sculpture d'Hercule de l'époque gallo-romaine est unique malgré une restauration ancienne très « approximative » !...
À l'étage, se trouvent d'autres ateliers comme celui d'ébénisterie où certains membres de l'ancienne Ecole Normale découvrent que des établis ont remplacé les lits de leur dortoir : «souvenir, souvenir ! » …
Puis, nous arrivons à l'atelier de dorure où des artistes font preuve d'un savoir-faire plein de finesse et de précision. Quelle patience et quelle passion pour redorer un miroir pendant 50 heures ! Il faut également des connaissances et de l'imagination pour reconstituer certaines parties des tableaux sur lesquels les dégâts sont importants.
J'ai beaucoup apprécié la liste des matériaux utilisés : le chêne de la Baltique, le palissandre, la cire, l’or, l'argent, le lapis-lazuli pierre fine d' un bleu intense et l’ivoire qui, comme l’ébène, est interdit à l’exportation. La colle de peau de lapin et les palettes en poil d'écureuil apportent une note « naturaliste » à cette liste d'outils.
Nous terminons la visite très intéressante par la présentation d'un reliquaire mystérieux et précieux qui a nécessité la construction d'une chapelle. A quel personnage important pouvaient bien appartenir ces reliques ? Une enquête est en cours ! …
Nous remercions chaleureusement notre guide Olivier, pour cette visite passionnante qui nous a montré comment effacer les outrages du temps sur nos trésors, sans en ternir la beauté.
Marie-Françoise Rigolot-Maillard.














































Photos : Brigitte PISSENEM