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Quelques textes primés

Quelques textes primés 

NB: l'ensemble des textes primés au niveau départemental paraît chaque année dans un recueil publié par le Conseil Départemental, préfacé par M. le Directeur Départemental des Services de l'Education Nationale, M. le président du Conseil Départemental et M. le président de l'AMOPA 70.

Voici les trois textes qui ont obtenu chacun le premier prix national 2024 dans leur catégorie :

1- Brendon TOSI 1er prix national "Expression écrite"  6ème ULIS collège de Gray prof. Mme cécile Lambert :

Une histoire dans un livre !

 Avec mon professeur, monsieur Pierre, et mes camarades de classe, on a fait une sortie à la bibliothèque l’autre jour. Nous sommes allés dans une grande salle avec des vieux livres. La salle était grande et le plafond très haut. Il y  avait des étages partout, en haut et en bas. Il y avait aussi un escalier en colimaçon. On sentait l’odeur du papier ancien, le parquet  grinçait. J’étais en train de regarder une étagère à côté de l’escalier lorsque j’ai vu un livre qui commençait à briller. Je l’ai pris, je l’ai ouvert et tout à coup il m’a aspiré ! Je me suis retrouvé à nouveau dans la salle de bibliothèque mais... il n’y avait plus de couleur ! Tout était en noir et en blanc ! Il y avait d’anciens téléphones à fil et mes camarades avaient disparu.

Je me suis retourné en cherchant la sortie sauf que la porte avait disparu elle-aussi. J’ai pris un gros livre pour casser la fenêtre et sortir. J’ai escaladé le rebord, ce n’était pas facile vu qu’il n’y avait pas de prises. J’ai vu de l’herbe en dessous donc j’ai pu lâcher prise. Je suis tombé mais... je suis aussitôt revenu dans la salle de la bibliothèque. On ne pouvait pas sortir dehors !

Au fond de la bibliothèque, une personne en noir et en blanc me regardait bizarrement vu que j’avais gardé mes couleurs ! Et, tout ce que je touchais se mettait en couleurs.                               

L’homme s’est présenté, il s’appelait Roberto. C’était un personnage de l’histoire du livre brillant. Je lui ai demandé comment sortir. Il m’a dit que pour sortir d’ici, il fallait tirer sur un livre spécial pour ouvrir un passage secret. Mais il ne connaissait pas le nom de ce livre spécial et il n’avait jamais vu ce passage secret. Aussitôt, je me suis mis à chercher ce livre. J’ai bien regardé et un livre faisait un petit bruit. Je l’ai tiré, un piano est tombé du plafond ! J’ai réussi à l’esquiver. C’ était un piège ! Le deuxième livre que j’ai choisi était aussi un piège : un marteau géant tomba du plafond ! Esquivé ! Le troisième livre était le bon! Il brillait. Je l’ai tiré la fameuse porte secrète s’est ouverte.

Avant de partir Roberto m’a dit : «Attends! Je viens avec toi, ça fait deux ans que je suis dans l’histoire du livre et je n’ai jamais pu en sortir jusqu’à ce que tu viennes !»

Mais, tout à coup, il m’a poussé violemment au sol et il m’a encore dit qu’une seule personne  pouvait sortir de là ! Il m’a encore poussé et la porte s’est refermée.

Heureusement, je suis malin !

Je me suis caché derrière Roberto et quand la porte a commencé à se refermer, j’ai bondi et je suis sorti ! Roberto, lui, est resté prisonnier du livre. Ouf ! Je ne voulais pas devenir un personnage d’une vieille histoire !

Dès que je suis sorti, tout le monde que je connaissais -  mes amis et mon professeur -  est réapparu. Tout était rentré dans l’ordre.

Je n’ai plus jamais revu Roberto depuis.

 Brendon TOSI

2- Bérénice PERROT 1er prix national "Expression écrite" 4ème collège de Gray, prof. Mme Gaël Roas-Florès :

Tout d’abord je vais définir les médias. Ils sont un moyen de distribution, de diffusion et de communication des informations dans la société. Que ce soit la presse, la radio, la télévision ou encore internet, ils permettent à tous de partager des connaissances communes quelle que soit notre culture ou notre origine.

 Or, si je me réfère au sondage publié par Kantar Public en 2009 je m’aperçois que près de 57 % des Français ne font pas confiance aux médias.

Pourquoi cette méfiance ? Les médias sont-ils le reflet exact de notre société dans sa pluralité ?

 D’après la charte de Munich les médias audio-visuels comme la télévision ou la presse écrite doivent vérifier les informations avant de les publier pour éviter les fausses nouvelles et les erreurs, contrairement aux réseaux sociaux qui peuvent publier de fake news et créer par la suite des rumeurs pouvant aller à l’encontre du sujet de départ. Comme lors des attentats du 11 septembre, une rumeur circulait sur Twitter selon laquelle les avions seraient des hologrammes. Ceux qui agissent ainsi veulent créer des sensations plutôt que s’intéresser à la part de réalité. Et ainsi, ils satisfont la part de voyeurisme de la société qui en veut toujours plus.

 Toutefois, les médias ne diffusent pas que la réalité des faits. Ils choisissent le plus souvent l’angle le plus intéressant et ne donnent pas forcément tous les éléments. Ils préfèrent mettre l’accent sur les aspects qui les intéressent.  La presse et les autre médias sont souvent orientés vers ce qui ne va pas plutôt que vers les aspects positifs de la société : ils parlent le plus souvent des inégalités sociales, des conflits religieux, du vandalisme ou des guerres. Par exemple, les médias parlent plus des casses et du vandalisme lors des manifestations plutôt que des causes pour lesquelles elles sont organisées et du combat des participants pacifiques. Les journalistes accentuent souvent leur propos et prennent parti sans forcément donner des éléments sur l’origine des faits.

 Les médias ne sont donc pas toujours objectifs et ne diffusent pas seulement la vérité des faits. Les médias ne prennent que l’angle qui les intéresse. Cela est donc tout à fait normal pour eux de parler pendant plusieurs semaines d’un même fait si celui-ci a de l’importance dans l’opinion et ne plus en parler du jour au lendemain s’ils trouvent que cela n’a plus assez d’ampleur au sein de la communauté. S’ils continuent à parler de ce sujet,  moins de téléspectateurs s’y intéresseront, il y aura moins d’audience et donc la chaîne fera moins de bénéfices.

 D’autre part, des études de l’ARCOM montrent que les différentes minorités n’apparaissent pas assez dans les médias. Par exemple les personnes de plus de soixante-cinq ans qui pourtant représentent plus de 21 % de la population française ne sont représentés qu’à 6 % sur les plateaux télévisés. De même, pour les jeunes qui ne sont montrés dans les médias qu’à l’échelle de 10 % alors même qu’ils représentent une part de 24 %.

D’autres discriminations sont visibles comme la part de personnes non-blanches qui ne sont représentées qu’à hauteur de 15 % à la télévision. De la même manière, les personnes handicapées ne sont pas assez présentes sur les chaînes télévisées : elles ne représentent que la maigre part de 1 %.

 Pour conclure, les médias ne se soucient donc pas vraiment de la représentativité des différents groupes  pour y présenter une vraie égalité. Ils préféreront donc choisir à leur convenance leurs sujets et les commentateurs qu’ils emploient pour cela ; ils pensent parfois que certains hommes  sont plus qualifiés que les femmes, car celles-ci ne présenteraient pas le profil recherché par les médias pour les représenter.

Cela serait une grande avancée dans le monde des médias de laisser plus de place à la pluralité et à l’égalité car cela prouverait que tout le monde a son mot à dire.

 Bérénice PERROT (4ème)

Collège Robert et Sonia Delaunay GRAY

3- Lou-Ann DUGOURD er prix national "Jeune Nouvelle" 4ème collège de Lure, prof. Mme Tortomasi

La fleur de jasmin

 Salut journal, moi c’est Amal. J’ai eu 12 ans hier. Je suis un grand maintenant. C’est ma mamie Jamila qui m’a offert ce carnet. Elle m’a dit que tu avais des pouvoirs magiques, que je pourrais tout te raconter et que tu m’aiderais à me construire solidement, comme une maison. Je lui ai demandé comment tu t’appelais. Elle m’a répondu que c’était à moi de le décider. Je t’appellerai Khalil, comme mon meilleur ami de là-bas.

Tu sais, la vie elle est un peu compliquée pour moi. Depuis que j’ai déménagé, tout a changé. Les autres enfants disent de moi que je ne suis pas comme eux. Ils me trouvent bizarre. Ils disent aussi qu’ils ne comprennent pas bien lorsque je parle. Ils trouvent que j’ai un accent étrange et que c’est agaçant. Moi je me dis que ce sont eux qui ne sont pas drôles. Ils ne connaissent pas ma vie ni mon histoire.

Avant, j’étais le garçon le plus heureux du monde. On vivait tous ensemble dans un grand immeuble à Alep. Le samedi midi, mamie Jamila et papi Sahid venaient manger chez nous. Ils nous emmenaient des baklavas que mamie avait préparé le matin. C’est ma pâtisserie préférée, un délicieux gâteux de miel et d’amandes. Le soir, après l’école, on se retrouvait au parc avec Khalil et on allait, ensemble, disputer quelques matchs de foot dans la rue. Ça sentait bon le thym et le savon. Je me souviens de Saler, ce vendeur ambulant qui nous donnait des fruits lorsqu’il nous voyait arriver. Ses grenades étaient gorgées de soleil. Nous croquions dedans à pleines dents avant de courir nous rafraîchir près des jets d’eau du jardin public. Et puis il y avait Sophia aussi. Sophia c’est la fille la plus belle, la plus gentille et la plus intelligente que je connaisse. Lorsqu’elle me regarde dans les yeux avec son regard d’ange, je ne sens même plus mes jambes. Mais mes joues, par contre, elles sont toutes chaudes. J’ai l’impression de brûler de l’intérieur. Sophia, elle avait une toute petite voix, toute douce, comme satinée.

Je n’arrête pas de penser à ma vie d’avant. On ne s’occupait pas de la guerre qui dévastait le pays. On avait appris à vivre avec. Ce n’est pas qu’on s’en fichait, mais on était ensemble, c’était la seule chose qui comptait. J’entends toujours le rire de Khalil et je sens encore le doux parfum de jasmin que portait Sophia. Je donnerais n’importe quoi pour les revoir, ne serait-ce qu’un instant. Je voudrais tant pouvoir courir à nouveau dans les rues animées, aller jusqu’aux fortifications et revoir le soleil se coucher, envelopper la ville de son manteau rouge orangé.

Mais ça, c’était avant. Un jour, ne me demande pas pourquoi, tout a changé. Papa est rentré à l’appartement très tard. Il était livide. Il semblait mort et avait perdu toute expression sur son visage. Il a regardé maman et il lui a dit que c’était fini. Il venait d’être renvoyé de son travail. Maman m’a dit d’aller dans ma chambre, de ne pas m’inquiéter. A partir de ce moment, tout a changé. C’était fini les balades en vélo avec papa, les interminables repas en famille où tout le monde rigolait et s’amusait. Maman avait perdu son sourire, celui qui a le don de me rassurer et de me consoler dans n’importe quelle situation. Elle semblait morte elle aussi. Notre famille avait perdu son éclat qui la rendait si unique. C’est comme si toutes les couleurs de ma vie s’étaient échappées de chez nous. 

Et puis, peu à peu, j’ai commencé à voir des gens qui venaient voir papa. De nouveaux visages que je trouvais antipathiques. Ces hommes étaient bizarres, peu bavards. Ils parlaient tout doucement, d’une voix grave. Ils ne restaient pas pour boire le thé, ne regardaient pas maman, ils étaient comme inanimés. Leur regard était vide, sombre, tourmenté. Lorsque je demandais qui ils étaient, personne ne me répondait. J’avais peur. Je ne me sentais plus en sécurité. Papa était en train de devenir comme eux. Tel un pantin, son regard s’assombrissait à leur contact. Maman ne disait rien… Elle ne disait plus rien. Elle se contentait d’être là, de l’écouter parler et d’approuver sans oser dire un mot. Un soir, les gens sont venus chercher papa et ils sont partis ensemble quelque part. Je les ai suivis. Ils sont rentrés dans un petit local, à l’arrière d’une boutique d’épices. Je me suis posé là, entre deux cageots, derrière un rideau. Discrètement, je les ai écoutés. Je ne reconnaissais pas mon père, il disait des choses affreuses. Il voulait se manifester, se rebeller, se battre. Il voulait choquer. Il voulait qu’on l’entende. Il voulait tuer.

Et une nuit, papa est parti. J’ai entendu des pleurs et des cris. J’ai vu le visage couvert de larmes de maman. Je me souviens encore de cette expression déchirante sur son visage qui l’implorait de rester auprès de nous. Elle était juste désemparée. J’ai entendu papa dire qu’il fallait qu’il y aille, qu’il n’avait pas le choix. Il devait le faire pour elle, pour moi, pour notre famille. Je ne savais pas où il partait. Alors en regardant par la fenêtre, j’ai vu un de ces hommes étranges qui a fait monter papa dans une grosse camionnette noire. Pourquoi papa était-il parti avec ces hommes ? Pourquoi nous avait-il abandonnés, nous qui l’aimions ? Pourquoi nous avait-il infligé cette peine ? Pourquoi ? Je n’en savais rien.

J’ai cherché des réponses à mes questions en inspectant son bureau. J’ai fouillé dans son étagère. Vidé ses cartons. Feuilleté chacun de ses livres. Et j’ai trouvé un carnet. Il semblait usé et un peu jauni par le temps. Lorsque je l’ai ouvert, j’ai lu des choses qui m’ont fait comprendre l’attitude si inquiétante que papa avait ces derniers temps. Le livre était une sorte de charte. Le groupe qui avait rédigé cet ouvrage expliquait qu’il fallait à n’importe quel prix récupérer le territoire qui leur avait été volé. Il parlait du Sham, de « la grande Syrie ». Je me souviens que mamie Jamila m’avait expliqué de quoi il s’agissait une fois. C’était le territoire que possédait la Syrie à l’époque de l’empire Ottoman. Ces gens voulaient le reprendre. Ils voulaient refaire le monde à leur manière. Et ce, au prix de leur propre vie. Ils allaient tuer des tas de personnes et je ne pouvais pas les en empêcher. Et papa dans tout cela, il était de leur côté. Lui aussi allait tuer des hommes, des femmes et des enfants comme moi ! Mon papa était un terroriste ! Je ne sais pas comment nous en sommes arrivés là, j’ai encore du mal à le réaliser.

Le lendemain, des militaires de l’armée syrienne sont venus chez nous. Ils ont posé des tas de questions concernant papa à maman. Ils lui ont demandé où il était et ce qu’il faisait dans la vie. J’étais terrorisé à l’idée de ce que ces hommes pourraient bien faire à papa. Une fois qu’ils furent partis maman appela immédiatement mamie. Elle parlait très vite et je n’ai pas tout compris. Maman m’a dit de rassembler quelques vêtements et un objet auquel je tenais beaucoup. J’ai pris une photo et une fleur de jasmin séchée que mamie Jamila m’avait rapporté de Damas. Elle m’a dit que je ne devais pas me faire de soucis et que nous devions simplement déménager parce que papa avait fait des bêtises. Mais moi, j’avais compris que c’était bien plus grave que ça.

La nuit tombée, mamie Jamila a débarqué dans l’appartement. Elle n’avait pas de baklavas cette fois mais son cabas multicolore. Elle a rassuré maman qui était toute affolée. Puis elle s’est tournée vers moi. Elle m’a parlé d’une voix attendrissante et paisible. Elle m’a pris dans ses bras. J’ai pleuré. On a mis trois couches de manteaux et j’ai enfilé quatre paires de chaussettes. Ça y est, on était parti. On a pris la route pendant des heures. Lorsque nous nous sommes enfin arrêtés, mamie est sortie de la voiture. Elle a sorti une grosse boîte pleine de billets de son sac. Elle a discuté un court instant avec un monsieur puis elle lui a tendu la boîte. Il a compté les billets puis lui a donné un papier. Mamie nous a fait signe de sortir. Sans dire un mot, nous nous sommes hâtés. Nous avons suivi le monsieur jusqu’au littoral. Il y avait beaucoup d’autres gens. Eux aussi semblaient angoissés. Le monsieur nous a répartis par groupes dans des canots de sauvetage, il nous a souhaité bonne chance puis il est parti en courant. Nous sommes restés là. Dans notre embarcation minable. Entassés les uns sur les autres. Nous devions rester calmes, il ne fallait pas faire de bruit. J’avais froid, j’avais faim. La nuit était sombre, sans étoiles. Des nuages noirs, prometteurs de colère céleste, semblaient peser de tout leur poids sur nos épaules.

Je ne pouvais plus bouger, je me sentais pétrifié sur place. J’aurais voulu pouvoir fermer les yeux et me réveiller dans mon lit, me dire que tout cela n’était qu’un mauvais rêve. Que papa était là, avec nous dans l’appartement. Mais lorsque j’ouvrais mes paupières, je voyais l’agitation, la terreur et la folie tout autour de moi. Un homme a poussé un cri et s’est jeté à la mer. J’ai hésité à le suivre. Mais elle semblait glacée. La noirceur de l’eau la rendait insondable. J’avais peur d’être aspiré au plus profond des abysses. Maman n’était pas près de moi, elle n’était pas là pour que je puisse me blottir dans le creux de ses bras. Elle n’était pas là pour me rassurer. Elle ne pouvait pas. Alors je me suis recroquevillé sur moi-même. Papa me disait souvent « tu sais fils, dans la vie il faut te faire une carapace solide car en cas de problème tu dois continuer d’avancer même si c’est difficile et douloureux. ». J’ai pensé à Khalil et à nos matchs de foot, à ses bonnes blagues qui me faisaient toujours rire. J’ai pensé à Sophia, je me suis imaginé qu’elle était juste à côté de moi. Je l’entendais me raconter une de ses péripéties qui lui était arrivée avec son petit chat. J’ai pensé à maman, au courage dont elle faisait preuve et à mamie Jamila aussi, qui nous accompagnait dans notre traversée, même si nous ne savions pas vraiment où nous allions accoster. J’ai pensé à tous ces gens qui comptent pour moi. Ce sont eux qui m’ont permis de ne pas céder à la folie. Ils m’ont réchauffé le cœur et leur amour m’a protégé tout au long de cette terrible nuit. Au petit matin, un soleil radieux a caressé nos visages et a séché nos corps trempés. Les nuages s’étaient dissipés, laissant la place à un magnifique ciel bleu.

La Turquie a été notre première étape, puis la Grèce, l’Italie et enfin la France. La France où je me trouve aujourd’hui. Très vite, la vie a repris le dessus. Lorsque nous sommes arrivés, maman n’avait plus rien mais elle a rapidement trouvé du travail dans un supermarché. Des gens nous ont aidés. Ils se sont aussi occupés de notre nouveau chez nous. Mamie Jamila habite l’étage juste en dessous du nôtre. Elle vient nous rendre visite chaque soir. Un jour, je suis retourné à l’école. Ça n’a pas été facile parce que papa est toujours là, dans mon cœur. Et je me demande toujours comment il va, s’il pense à nous, s’il regrette ses choix. J’ai même parfois peur de ne jamais le revoir, ou pire, qu’il soit mort et que je n’en sache rien. Cette blessure restera à jamais ouverte. Je sais que j’apprendrai à vivre avec mais qu’elle sera toujours là.

Mamie Jamila me dit parfois que j’ai grandi trop vite. Que ce que nous avons vécu a fait de moi un adulte avant l’heure. C’est vrai, je pense qu’elle a raison. Une part de mon enfance est restée à Alep auprès de Sophia et Khalil. Mais tu sais, moi je crois que je vais avancer. D’ailleurs, je dois te laisser parce que, je ne t’ai pas encore parlé d’eux, mais Théo et Lilly viennent me chercher. Ils sont dans ma classe. Eux, ils n’ont pas trouvé mon accent agaçant et ils ne m’ont pas trouvé bizarre non plus quand je suis arrivé. Ils sont sympas et je crois qu’on va pouvoir devenir amis tous les trois. Il paraît qu’on peut jouer au foot dans un city parc. J’ai hâte de découvrir ça. Et un jour, je sais que je pourrai leur montrer la photo de ma famille, celle que l’on a pris le jour où papa m’avait offert mon premier vélo. Nous posons tous là, nous sommes heureux et nous sommes ensemble. Je leur expliquerai ce qui est arrivé le jour où ma vie a basculé.

 Lou-Ann DUGOURD                                  professeur : Mme Marina TORTOMASI

Collège Albert Jacquard   LURE 

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Voici les trois textes qui avaient obtenu chacun le premier prix national 2022 dans leur catégorie :

Flavien Chabassier  5°1 

Collège Robert et Sonia Delaunay 15 rue Thévenin 70100 Gray 

Professeure : Gaëlle Rosa-Flores

 Premier prix National Catégorie Expression écrite 5ème

 

Je vais vous raconter l’histoire d’une bouteille plastique 

Je suis composée de polyéthylène téréphtalate, un plastique pour les bouteilles. Je rencontre une amie à l’usine d’empaquetage, elle me raconte comment elle s’est faite recycler :

« -Je me suis faite découper en milliers de petits bouts.

- Ça doit être horrible !

- Oui, mais je peux être là à te raconter mon histoire. Après, on m’a fait fondre.

- Ça doit être très, très chaud !

- Oui, mais après, j’ai refroidi pour redevenir comme avant.

-Waouh ! C’est trop bien ! Tu peux redevenir une bouteille.

- Et après, j’ai repris le même chemin, et j’ai rencontré une amie très chère avec qui je parle.

- Tu es trop gentille. »

 Nous partons dans le même magasin mais pas dans la même famille. J’étais triste, mais c’est la vie.

 Avec ma nouvelle famille, nous allons à la plage, il y a de l’eau à volonté. Mes propriétaires m’oublient sur la plage, je me fais emporter par l’océan. Pendant cinq jours, j’arrive à esquiver les animaux marins, mais une seconde de relâche et une tortue me mange. Elle n’arrive plus à respirer et elle meurt à cause de moi, nous nous échouons sur une plage.

Des personnes nous trouvent, me retirent de sa bouche, me mettent à côté d’elle, nous prennent en photo et la postent sur les réseau sociaux. Ça fait le buzz. Depuis, plus personne ne jette ses déchets dans la nature, tout le monde se met à recycler dans ce monde idéal. Je retourne dans une poubelle de recyclage, je refais le même parcours et je le raconte alors à une bouteille avec qui je sympathise.

 

La morale c’est que si tu tries tes déchets, tu préserves la nature, ta planète et tu leur redonnes une seconde de vie.

L’homme a peut-être sept vies, les déchets recyclables, eux en ont à l’infini….

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Océane Richard – 2de2 – Lycée Les Haberges VESOUL

Premier prix national  Catégorie Jeune Nouvelle 2de

                                        

 Mon Cher Ami

 

 Ce soir je vais vous raconter une histoire différente de d’habitude, plus personnelle. L’histoire d’un petit garçon dépassé par les évènements et qui petit à petit a sombré. Cela remonte maintenant à une paire d’années, nous étions encore au lycée. C’est là que je l’ai rencontré, Billy, on était dans la même classe. Je le voyais souvent seul alors j’ai décidé de l’approcher, nous sommes devenus amis. Il parlait peu mais ce n’était pas grave, le silence n’était jamais pesant, je dirais plutôt apaisant. Il avait d’excellentes notes, vivait aisément avec deux parents aimants dans une belle maison, il prenait des cours de piano et allait tous les dimanches déjeuner chez ses grands-parents. Une famille parfaite. Un peu trop cliché, vous allez me dire. Trop parfaite, vous n’avez pas tort. La vie ne tient qu’à un fil vous savez.

 

Un jour pendant que nous étions en cours, un surveillant est venu frapper à la porte et s’est entretenu avec le professeur. On aurait dit que leurs visages s’étaient figés. Le professeur appela Billy et lui demanda de suivre le surveillant. A ce moment, on se regarda Billy et moi mais j’étais loin d’imaginer les révélations qu’on allait faire à mon ami. A la fin du cours je partis le chercher mais je le vis en compagnie de policiers, il était à terre, il pleurait, hurlait. Je me suis alors approché pour savoir ce qui se passait, je me suis accroupie en face de lui. Quand il a relevé la tête j’ai pu voir la tristesse et la colère dans ses yeux, je ne l’avais jamais vu dans un tel état. Une dizaine de minutes plus tard, nous sommes montés sur le toit du lycée et il a commencé à tout  m’expliquer.

Si on lui avait demandé de venir c’était pour lui dire que sa mère venait de se faire assassiner par son père, pour ensuite se donner lâchement la mort, en laissant son fils, sans parents. Son père était violent, personne ne le savait… pas même Billy. Ce fut la fois de trop. Ce père qu’il avait placé si haut dans son estime, le père et mari parfait, n’était qu’une simple illusion. Les apparences peuvent être trompeuses. C’est à partir de là que Billy a commencé à sombrer.

Après ce tragique évènement, Billy a déménagé chez ses grands-parents, malheureusement eux ne vivaient pas aussi aisément, c’était tout l’inverse, ils avaient du mal à boucler les fins de mois, alors un enfant en plus, vous vous imaginez… Son grand-père, malgré son âge, continuait de travailler pour qu’ils aient de quoi se nourrir. Au bout de plusieurs semaines d’absence, enfin il revint en cours. Quand je le vis de plus près, j’eus du mal à le reconnaître, son teint était pâle, sa peau terne et il avait extrêmement maigri. Pendant la journée j’essayais de lui parler, lui remonter ne serait-ce qu’un peu le moral mais en vain. Lorsque je lui demandai si tout se passait bien chez ses grands-parents, il me répondit que oui mais qu’ils n’avaient pas assez d’argent. Alors, le soir, Billy commença à chercher un travail, un petit boulot après les cours, pour rapporter un peu d’argent et les aider. Si vous saviez comment il les aimait, ils étaient la seule famille qui lui restait, malheureusement son grand-père était de santé fragile, usé par la vie et par son grand âge.

 

Billy trouva un travail dans un vieux bar miteux d’un quartier mal famé où normalement les jeunes de notre âge ne s’aventurent pas. Il devait faire le ménage, ce n’était pas trop compliqué sauf si on prenait en compte le fait qu’il n’avait que seize ans, qu’il rentrait de l’école et que le lendemain il allait devoir se lever tôt pour étudier. Et c’était ainsi, tous les jours, encore et encore, toujours la même routine. Au lycée, il devenait de plus en plus distant mais je ne lui en voulais pas, ce n’était pas de sa faute… Je m’inquiétais pour lui. Ses notes chutaient, les professeurs étaient de moins en moins indulgents avec lui ; au début il avait des circonstances atténuantes mais au bout d’un certain temps, les professeurs ne faisaient plus d’exception. En plus de cela, les autres élèves le regardaient avec pitié, oui voyez-vous il était passé de l’élève parfait, à l’élève dont le père était un meurtrier. Un groupe d’élèves lui parlait de temps en temps, quand ça lui chantait et le rabaissait, l’humiliait. On lui vida une poubelle sur la tête, on lui donnait des coups, sans véritable raison, pour s’amuser,  comme si la vie n’avait pas déjà été assez pénible pour Billy. Malgré tout, il ne voulait pas s’inquiéter ses grands-parents qui se donnaient déjà tant de mal pour lui offrir un foyer. Je me demandais ce que je pouvais faire pour l’aider. En parler à un adulte ? Après tout c’était ce qu’on nous rabâchait depuis notre enfance. Alors après un cours, je décidai d’en parler à un de nos professeurs. Je lui expliquai sa souffrance, sa solitude, les humiliations répétées. Le harcèlement que subissait mon meilleur ami. Vous voyez je m’attendais à ce qu’on me réponde, on va faire quelque chose pour ton ami, mais j’ai été trop naïf de penser cela, à la place j’ai eu le droit  à  tu exagères, vous êtes jeunes, ils s’amusent.  Je ne trouvais pas cela drôle. J’étais son ami  et pourtant je me sentais tellement impuissant.

 

Ce soir-là, comme à son habitude, Billy partit travailler. Le bar était mouvementé, les clients alcoolisés. Lui nettoyait les toilettes qui étaient d’ailleurs dans un piteux état,  mais il commençait à en prendre l’habitude. Mais là, un gars évidemment ivre, rentra dans les sanitaires et bouscula Billy. Le jeune garçon s’excusa rapidement et se recroquevilla pour se faire oublier mais l’homme, saoul, s’agaça et frappa Billy. Il le roua de coups, il ne tentait même pas se défendre, fatigué, épuisé. Il a bien cru que c’était la fin pour lui mais par chance son patron le retrouva dans les sanitaires, prostré, et le raccompagna chez lui. Sa grand-mère lui ouvrit la porte. En le voyant dans cet état elle se mit à pleurer. La voir ainsi était la pire des sensations pour lui. Il s’en voulait de lui causer du chagrin. Il n’avait plus la force de continuer mais il s’accrochait encore un peu, ne sachant même pas pour quelle raison. Il se sentait un poids pour ses grands-parents, un mauvais ami, un mauvais élève, un souffre-douleur pour quelques brutes, sans avenir, sans bonheur. Avant son futur semblait tout tracé mais la vie en avait décidé autrement.

 

Le lendemain, quand je vis Billy venir à l’école couvert de bleus je m’inquiétai, mais je ne savais pas quoi faire. Cette journée en particulier je le trouvai encore plus mal que les autres jours. Quand je croisais son regard, je voyais le vide, j’en eus des frissons. Comment un être humain si fragile pouvait endurer cela, encore aujourd’hui je me pose la question. En sortant de cours de maths, je m’aperçus que ça faisait un moment que je n’avais pas vu Billy, je ne saurais pas comment vous l’expliquer mais j’eus un mauvais pressentiment, comme si quelque chose allait se produire, l’instinct probablement. Je sortis dans la cour et je vis tout le monde attroupé vers un des murs du lycée, ils regardaient tous en haut, portables à la main, ils filmaient et prenaient des photos. A mon tour, je levai la tête, je vis un jeune garçon, debout, sur le toit du lycée, prêt à se jeter dans le vide. Mon sang se glaça, je ne rêvais pas, c’était bien Billy, je croyais être dans un cauchemar. Je courus du plus vite que je le pus, j’avais l’impression que mon cœur allait exploser mais je grimpai les marches quatre à quatre. J’arrivai enfin en haut, des larmes amères coulaient de ses yeux. Je commençai alors à lui parler, priant pour qu’il ne commette par l’irréparable. Je lui ai dit des banalités, qu’il ne fallait pas en arriver là, qu’on allait trouver une solution, qu’il s’en sortirait, que je l’aiderais, que ses grands-parents l’aimaient. Mais il demeurait silencieux, impassible, comme s’il avait définitivement perdu espoir. Il finit par me parler. C’était devenu trop dur à supporter, son travail trop mal rémunéré, ses notes qui avaient chuté, le harcèlement qu’il subissait bien trop souvent, les adultes qui fermaient les yeux, la fatigue, ses grands-parents épuisés, sa mère qu’il avait tant aimée, morte, assassinée par son père. Honnêtement, à quoi cela servait de continuer à s’accrocher, qu’est-ce qui le retenait maintenant…

 

Et il se laissa tomber dans le vide.

Je restai planté là, bouche-bée.

En bas, tout le monde filmait.

§§§

     

Zoé Pahon, classe ulis

 

Premier Prix National  Catégorie Expression écrite 6ème

Concours AMOPA – Plaisir d’écrire                        

  

Sujet : Les hommes, par leurs activités et leur mode de vie, ont une influence sur la nature. Elle peut être positive ou négative.

Précisez votre position par un exemple.

 

                  Les hommes peuvent avoir des influences par rapport à la nature, qui peuvent être négatives ou positives. Dans ce texte je vais vous parler des forêts et comment les hommes peuvent parfois protéger les forêts et parfois les détruire pour produire davantage.

L’ONF  (l’office national des forêts) créé par Edgard Pisani a pour but de protéger les forêts et donc c’est une chose positive pour la nature. Tout d’abord les arbres sont très importants pour les humains ou la vie sur terre. Cela permet que les être humains puissent respirer et vivre sur Terre. L’ONF a aussi été créé pour  préserver la biodiversité (les organismes vivants qui vivent dans les forêts). L’ONF a pour but d’entretenir les forêts, les développer et les renouveler. L’ONF se charge aussi de savoir quels bois sont à couper et de commercialiser la vente de ces bois. L’objectif est d’agir sur l’environnement (ex : protéger la richesse écologique). Les valeurs de l’ONF sont : efficacité, écoute et innovation. Pour préserver la biodiversité,  l’ONF mène au quotidien des actions pour préserver et renforcer la biodiversité. Par exemple, une action menée par l’ONF, est l’interruption de travaux durant les périodes de nidification d’oiseaux.

 

Parfois hélas, des personnes ne respectent pas l’environnement et la nature et ne cherchent pas à préserver les forêts. En se baladant dans les forêts qui sont autour de mon village, je remarque souvent qu’il a des papiers, des déchets qui ont été jetés par des hommes. Ils auraient pu garder ces déchets et les mettre dans une poubelle lorsqu’ils en auraient vu une. Tous ces déchets vont polluer la terre, déranger les animaux qui vivent dans ces lieux. En effet, certains animaux peuvent confondre les déchets avec de la nourriture, et manger ces emballages au risque de mourir.

En plus, lorsqu’il y a des déchets dans la forêt, celle-ci est moins belle, c’est moins agréable de se promener dedans.

En plus, dans certains pays, les hommes font exprès de détruire les forêts pour pouvoir les transformer en champs dans le but de produire des aliments (comme par exemple des céréales). Par exemple, au Brésil, les paysans brûlent la forêt et utilisent ces espaces pour faire des plantations et produire davantage de nourriture. En Indonésie, des forêts sont détruites pour planter à la place des palmiers pour fabriquer de l’huile de palme que l’on retrouve dans de nombreux aliments, comme dans certaines pâtes à tartiner ou certaines pâtes à tartes. Lorsque l’on achète ce type d’aliments, il faut être vigilant et regarder la liste des ingrédients. Il vaut mieux acheter un aliment sans huile de palme.

Hélas, dans certains pays, les paysans pauvres sont obligés de détruire les forêts pour cultiver un peu de terre pour se nourrir et nourrir leur famille. Il faudrait que les pays riches puissent aider ces pays pour éviter que les forêts ne disparaissent.

Enfin, j’ai pu voir à la télévision ces dernières années, des immenses incendies qui ravagent des forêts entières. Ceux-ci sont parfois allumés par des gens qui ne font pas assez attention à la nature.

 

Il faut donc être vigilant et essayer de protéger le plus possible les forêts car sans elles, les hommes ne pourront pas vivre. La forêt amazonienne est d’ailleurs appelée « le poumon de la Terre ».

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 Nos plus vives félicitations aux élèves et à leurs professeurs !

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